lundi 11 juin 2007

14 941 fois merci !

Selon les résultats complets |1| qui sont à présent disponibles, j’ai obtenu 14 941 voix de préférence ce dimanche, ce qui représente le sixième meilleur score personnel parmi les 24 candidats de la liste Ecolo pour le Sénat. Seuls Isabelle Durant (108.105), Carine Russo (57.747), Jacky Morael (48.422), José Daras (28.450) et Laurence Lambert (15.919) obtiennent de meilleurs scores personnels.

Je vous en remercie.

Ces voix se répartissent de la manière suivante :

Province du Brabant wallon 1 302
Bruxelles-Halle-Vilvorde 2 739
Province de Hainaut 2 156
Province de Liège 3 176
Province de Luxembourg 2 634
Province de Namur 2 829

Ce soutien massif, vous me l’avez accordé alors que je n’ai pas bénéficié d’outils de visibilité pendant ma campagne, sauf la participation à un débat télévisé dans ma province : la province de Luxembourg, la moins peuplée de toutes ; celle dont, traditionnellement, les candidats peinent à émerger dans les scrutins se déroulant sur l’ensemble de la Communauté française.

Je ne souligne pas ces éléments parce mon score — inespéré ! — me rend extrêmement heureuse (même si c’est bien sûr le cas). Au contraire, je ne m’estime en aucun cas propriétaire de « mes » voix. Je les considère comme une opportunité de mieux défendre — au sein d’Ecolo d’abord, dans la société ensuite — les priorités que j’ai défendues durant ma campagne.

Je souligne ces éléments parce que je suis persuadée que ce score est le reflet d’une attente très forte vis-à-vis d’Ecolo sur des thématiques comme les droits des migrants, les libertés fondamentales, la construction d’une Europe sociale ou les droits économiques et sociaux. Autrement dit, mon score me semble un signal pour qu’Ecolo donne à ces questions une priorité accrue, se montre encore plus attentif et exigeant qu’il ne l’a été jusqu’à présent sur les questions sociales.

Je sais que de nombreux syndicalistes ont choisi de me faire confiance en raison de nos préoccupations communes pour la détérioration des conditions de travail ou pour la montée de la précarité. Je sais aussi que bon nombre de personnes qui m’ont confié leur suffrage n’auraient peut-être pas choisi Ecolo si je ne m’étais pas présentée ; ils auraient probablement voté pour de petites formations de la gauche de la gauche. À tous ceux-là, je veux dire que je suis consciente de la valeur de leur confiance et je tâcherai de ne pas la décevoir. Je n’arriverai cependant pas seule à faire tout le travail que je préconise. Il sera donc nécessaire de créer des interfaces permettant de mener un travail en commun. Je pense aussi que les tenants d’une approche résolument sociale de la politique au sein d’Ecolo doivent se regrouper, mieux communiquer, mieux s’organiser.

Concernant l’avenir, je ne suis pas dans le secret des dieux. Cela me rend libre de dire que je pense que les conditions ne sont pas réunies dans l’état actuel des choses pour qu’Ecolo se joigne à une majorité : le score de Groen ! ne nous permet pas de compter sur un partenaire fort au Nord du pays, la montée de la droite flamande rend celle-ci inévitable pour la formation du gouvernement, la radicalisation à droite du MR ou les demi-mesures du cdH indiquent que la majorité politique de ce pays est actuellement clairement à droite. Le rôle d’Ecolo est par conséquent de la combattre en choisissant de se mettre dans l’opposition, de montrer la voie sans issue que représentent les choix de sociétés que nous proposent ces partis. Pas de s’y associer.

Ce billet a été posté le lundi 11 juin 2007 à 11:29. Il a suscité neuf réactions
dimanche 10 juin 2007

Première réaction aux résultats des élections

Alors que des résultats tombent, très encourageants pour Ecolo, je viens de faire une intervention sur TV Lux (19h00), dont voici la substance :

  • La progression d’Ecolo est incontestable, et j’en remercie d’ores et déjà les électeurs. On peut dès à présent dire que les Verts sont les incontestables vainqueurs de ce scrutin dans la partie francophone du pays. Ce résultat efface non seulement notre revers de 2003, mais place Ecolo au-dessus de ce que bon nombre de commentateurs considéraient comme son étiage.
  • Au contraire, dans le long terme, on observe une poussée d’Ecolo. Ecolo n’a pas, en effet, vocation à rester un parti d’appoint. Comme tout parti politique, Ecolo vise à atteindre une position électoralement dominante. Face à un PS qui se montre incapable de se rénover mais qui affiche surtout un bilan catastrophique sur le plan de l’égalité, Ecolo représente l’avenir de la gauche en Wallonie et à Bruxelles.
  • Un autre point positif est le fait que, d’après les premiers résultats dont on dispose, l’extrême-droite semble avoir été cadenassée, ce qui est une très bonne nouvelle et une victoire des partis démocratiques. Malgré les « affaires » qui ont terni l’image de la politique ces derniers mois et ces dernières années, les électeurs ont eu la lucidité d’éviter de céder aux sirènes de l’extrême-droite.
  • On observe assez clairement une sanction du gouvernement sortant. Je pense que le bilan désastreux de ce gouvernement sur le plan social est en cause. La montée d’Ecolo est aussi et surtout celle du seul parti à défendre aujourd’hui un programme social progressiste et ambitieux. Ecolo a été le seul parti à s’opposer au « Pacte » entre générations. Alors que le PS a cédé énormément de lest à la droite, Ecolo est le seul parti à garder le cap sur le terrain social.
  • Mon sentiment dominant reste cependant la modestie. Il faut en tout état de cause éviter de sur-interpréter la signification d’un vote. Nous ferions une erreur grave en considérant que les électeurs qui ont choisi Ecolo ont donné un blanc-seing à notre parti. Ce vote est plutôt une chance que nous donnent les électeurs de faire avancer les idées que nous défendons, il nous appartiendra de confirmer l’essai et de revenir régulièrement vers les citoyens pour rendre des comptes. La démocratie, selon Ecolo, ne se limite pas à un vote tous les quatre ans.
Ce billet a été posté le dimanche 10 juin 2007 à 19:32. Il a suscité quatre réactions
mardi 5 juin 2007

Débat sur TV Lux

J’ai participé la semaine dernière à un débat télévisé sur la chaîne TV Lux. Il réunissait quatre candidats au sénat représentant la province de Luxembourg : René Collin (CDH), Philippe Courard (PS), Dominique Tilmans (MR) et moi-même pour Ecolo.

Vous pouvez visionner la vidéo de ce débat sur le site du journal Le Soir.

Ce billet a été posté le mardi 5 juin 2007 à 12:36. Il a suscité une réaction
lundi 4 juin 2007

Pourquoi je suis candidate

Madame, Monsieur,
Chère amie, cher ami,

Si je me permets de vous écrire, c’est parce que je suis candidate aux prochaines élections fédérales. Mon parti, Ecolo, m’a confié la septième place sur sa liste pour le sénat.

J’ai accepté cette responsabilité parce que je sens plus que jamais le besoin de lutter pour un monde plus juste que celui dans lequel nous vivons. Nous n’avons jamais disposé d’autant de connaissances, de culture, de richesses, mais nous serions incapables d’assurer à chacun et chacune sur cette planète des conditions de vie dignes ?

Le contexte est en effet celui d’une augmentation constante des inégalités, d’un recul massif des droits des salariés et des allocataires sociaux. La précarité touche des centaines de milliers de personnes en Belgique (plus de 500 000 Wallons vivent sous le seuil de pauvreté), particulièrement parmi les jeunes, les personnes âgées et les femmes. La qualité de l’emploi est en recul tandis que l’intensité du travail, le stress, les contrats à temps partiel et à durée courte et déterminée sont en augmentation.

Une des priorités est sans conteste le logement, dont le prix a explosé ces dernières années au-delà de toute mesure. Il faut non seulement contrôler les loyers, mais également mettre en place en extrême urgence un plan de rénovation et de construction de logements et notamment de logement sociaux. Les moyens existent. Il suffit de ne pas les consacrer à la diminution des impôts comme l’a fait le gouvernement sortant.

En fait, c’est un bilan catastrophique que laisse ce gouvernement sortant en ce qui concerne l’égalité. Le soi-disant « pacte » entre les générations est une illustration frappante du recul des acquis sociaux des plus faibles. L’instauration des « titres-services » représente véritablement une institutionnalisation de la précarité,... au bénéfice des plus riches une fois encore. De même, c’est une véritable « chasse aux chômeurs & aux chômeuses » qu’a lancé ce gouvernement. La mise sous pression permanente des chercheurs d’emploi et l’exclusion d’un certain nombre d’entre eux de leurs droits sont inacceptables quand il y a, au bas mot, 10 ou 20 fois moins d’offres d’emploi que de personnes prêtes à les occuper.

Cette situation n’est pourtant en rien une fatalité. Une réduction du temps de travail s’impose, suffisamment ambitieuse pour provoquer une redistribution de l’emploi. Des secteurs d’emploi sont également à développer dans des domaines dont il est urgent de se préoccuper pour l’avenir de la société : services publics, aide aux personnes, éco-contruction et énergies renouvelables.

Mais il s’agit aussi et surtout de mieux répartir les richesses. La part de la richesse produite attribuée aux revenus du travail a décru de plus de 10 % ces vingt dernières années, au bénéfice des revenus du capital. Il faut inverser cette tendance, non seulement en rééquilibrant la fiscalité au bénéfice des revenus du travail, mais aussi en taxant la fortune et les flux financiers.

Je suis également favorable à la mise en place de nouveaux droits. Je pense en particulier au droit à la mobilité, qui conditionne tous les autres et est aujourd’hui loin d’être garanti pour tout le monde. Je milite pour la gratuité généralisée des transports en commun, c’est-à-dire pour leur financement sur une base collective. Mais il faut également redéployer massivement les services publics de transports, notamment pour desservir correctement les zones rurales. Cette mesure permettra de réduire les inégalités, elle permettra aussi de réduire les dégâts écologiques, urbains, sanitaires... liés à notre usage abusif de la voiture.

Un second motif de préoccupation est pour moi l’état de notre démocratie. La ratification par la Belgique des lois « anti-terroristes » imposées par la puissance étatsunienne et qui mettent à mal la liberté d’association et la liberté d’expression comme on a pu le constater dans le dossier « DHKC », la politique d’asile et en particulier l’existence de centres fermés (dont certains, abjection totale, incarcèrent des enfants), la détention illégale de l’arme nucléaire de l’OTAN sur notre territoire, la multiplication des systèmes de surveillance qui réduisent dramatiquement le champ de notre vie privée, les conditions de détention dans les prisons (régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains), sont autant d’injures inacceptables à l’encontre de notre démocratie. La gravité de ces problèmes mériterait un traitement médiatique bien plus important que les très lamentables « affaires » qui occupent l’avant-scène.

Il est vrai que la situation des médias se dégrade elle-aussi. Le phénomène de concentration qui se produit actuellement en Europe donne le pouvoir médiatique à quelques tycoons (Murdoch, Berlusconi, Lagardère) qui ne se gênent pas pour l’utiliser au service de leurs intérêts et de leurs amis, menaçant le pluralisme de l’information et l’indépendance journalistique.

En dernière analyse, c’est le modèle dominant qui est en cause, la place démesurée laissée aux logiques économiques libérales et au capitalisme. Combien de décisions politiques sont prises aujourd’hui en fonction de lobbies financiers plutôt que dans l’intérêt général ? Subordonner l’économie à la politique n’est pourtant pas une utopie : c’est une question de volonté ! Bien que mon parti se soit positionné en faveur du Traité constitutionnel européen, je reste pour ma part opposée à ce texte, dans la mesure où il ne remplit pas cet impératif de subordination.

J’agis pour la construction de nouveaux types d’échanges économiques, où la monnaie n’est qu’une valeur parmi d’autres échanges (relationnels, sociaux, culturels). La sacro-sainte croissance économique n’a pas de sens : elle est le reflet du Produit intérieur brut (PIB), c’est à dire de la masse d’échanges économiques. Elle ne prend pas en compte les coûts sociaux, environnementaux, culturels, les effets sur la santé, la sécurité et les libertés humaines.

Pour ma part, je préfère parler de croissance du bien-être, à commencer par des domaines qui nous touchent tous au quotidien : avoir un toit, manger, se déplacer, s’épanouir dans ses activités (le travail rémunéré n’étant pas la seule activité socialement utile dans mon chef, comme vous l’aurez compris).

Je pense qu’Ecolo est aujourd’hui le meilleur lieu d’où lutter pour tous ces objectifs. Le meilleur, parce, à la différence des autres partis aujourd’hui en mesure d’avoir une représentation dans les assemblées, Ecolo reste un parti de militants dont la motivation première est l’amélioration du sort des plus faibles.

Liège, le 3 juin 2007

Mathilde Collin
7e effective sur la liste Ecolo au Sénat

Ce billet a été posté le lundi 4 juin 2007 à 03:16. Il a suscité 21 réactions


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